- En parcourant les allées et les propositions des 111 artistes de la 61-ème édition de la Biennale d’art de Venise qui s’ouvre samedi, le visiteur sent l’esprit collaboratif et de confrontation paisible de Koyo Kouoh, la curatrice camerounaise décédée le 10 mai 2025, qui l’a pensée.
- Déclinée sous le titre ”In Minor Keys” (En tonalités mineures), la biennale a été menée à terme par l’équipe que Koyo Kouoh a constituée. Cette édition est déployée dans les Giardini, l’Arsenale et Forte Marghera. C’est “une invocation à ralentir le pas et à se syntoniser sur les fréquences mineures”, écrivait la curatrice.
- Elle estimait que les peuples du monde sont “submergés par la cacophonie anxiogène du chaos”. “Or”, écrivait-elle en imaginant la biennale, pendant que l’on vit ce contexte géopolitique mondial tendu, conflictuel, “la musique continue”.
- “Il faut retrouver la radicalité de la joie”, disait Koyo Kouoh qui, parlant de la biennale de Venise, évoque le blues, la morna cap-verdienne ou le call-and-response, et souligne que cette édition “produit des chants qui génèrent de la beauté en dépit de la tragédie”.
- Mercredi matin, en conférence de presse, l’équipe curatoriale que Koyo Kouoh a constituée en vue de cette édition de la biennale de Venise, a insisté sur les valeurs que la productrice culturelle suisso-camerounaise, décédée le 10 mai 2025, a portées dans sa vision : écoute, dialogue, conversation, collaboration, pluralité des regards et perspectives.
- “Senghor nous a dit que le Sénégal est à nous tous”
- Dans le texte qui annonçait son décès, Raw Material Company, la structure qu’elle a fondée en 2008, note que “Koyo était aussi une véritable force, une source de chaleur, de générosité et d’intelligence”, qui a “toujours affirmé que les personnes étaient plus importantes que les choses”.
- Née au Cameroun, Koyo Kouoh s’est installée au Sénégal à la fin des années 1990. Celle qui a travaillé à la programmation artistique de Goree Institute jusqu’en 2002 a apporté une grande contribution à la place de l’art contemporain. Outre une participation à la réalisation de nombreux projets intellectuels et artistiques, elle a été co-commissaire des Rencontres africaines de la Photographie de Bamako et a également collaboré à la Biennale de Dakar au début des années 2000.
Biennale de Venise 2026 : une édition pensée par Koyo Kouoh
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