
Le chanteur, compositeur et arrangeur sénégalais, Ouza Diallo, revient dans un entretien accordé à l’APS sur sa relation avec Abdoulaye Wade, dont le centenaire de la naissance sera célébré jeudi et vendredi prochains. S’il estime que l’ancien président, avec lequel il a bourlingué partout au Sénégal, ne lui a pas rendu la monnaie de sa pièce après son accession au pouvoir en 2000, il salue tout de même la “générosité” du “pape du Sopi”, un homme au “bon cœur”, mais surtout un panafricaniste “avéré” qui aime le Sénégal.
Ses souvenirs personnels avec Wade remontent à quelques jours de la campagne pour la présidentielle de février 1988, lorsque son ami Ousmane Samb, alors gérant d’une boîte de nuit située non loin de Sam, un quartier dakarois de la Gueule Tapée, était entré en contact avec lui en lui demandant d’accompagner le candidat Abdoulaye Wade.
“Il m’avait parlé du PS (Parti socialiste) de Abdou Diouf en premier. Je lui ai dit non. Et il est revenu à la charge pour me demander d’accompagner Abdoulaye Wade. J’ai accepté parce que Wade, je ne le connaissais pas à l’époque, mais on avait les mêmes idées au moins, on avait la même idéologie politique”, explique l’artiste, Ousmane Diallo de son vrai nom, très enthousiaste pour raconter cette période de sa vie, assis dans le salon de son domicile à Hamo 4, dans la grande banlieue dakaroise.
Sa première rencontre avec Abdoulaye Wade avait eu lieu au Terrou-Bi, un hôtel situé sur la corniche ouest de Dakar, en 1988.
Ouza Diallo était venu répondre à l’invitation de son ami Ousmane Samb en présence d’autres artistes tels que Makhou Lébougui, célèbre chanteur des années 1980, Sow Sabor, de son vrai nom Mouhamed Abdoulaye Sow, père de la danseuse Oumou Sow, entre autres. Il accepte alors d’accompagner Wade, mais précise bien à son ami qu’il ne fera pas de meeting.
“C’était la seule condition de ma participation, je ne fais pas de meeting. Je vais jouer avant le meeting et le soir, on va jouer dans les boites de nuit”, précise-t-il.
Idrissa Seck et Ousmane Ngom, alors lieutenants du candidat et secrétaire général national du Parti démocratique sénégalais (PDS), étaient aussi présents lors de cette rencontre, selon Ouza.
Deux panafricanistes en campagne électorale en 1988
Kébémer, ville natale du président Wade dans la région de Louga (nord-ouest), était la première étape de cette tournée politique, puis Saint-Louis et Dagana, se souvient Ouza.
L’artiste se voulait fidèle à ce qui a été convenu avec Me Wade au départ, mais c’était sans compter avec Idrissa Seck qui, à l’étape de Dagana, est venu le supplier de participer au meeting.
“Parce qu’à Dagana tout le monde réclamait Ouza, et Wade avait dit qu’il ne montait pas sur le podium tant que je ne serais pas à ses côtés”, dit Ouza, précisant que Idrissa Seck lui a même promis trois millions de francs CFA en échange de sa prestation. L’artiste finira par accepter de faire un acte de présence sur la scène à côté de Me Wade.



