[billet D’humour] Quand Pape Thiaw Copie Aliou Cissé les Cadres Matin, Midi Et Soir !

On dit que les nerfs ne mentent pas. Ceux des supporters sénégalais non plus. Face à la France, en match d’ouverture, beaucoup ont eu la désagréable impression d’assister non pas à un match de football, mais à une réunion syndicale des « cadres » de la Tanière.
Car enfin, à force de respecter le statut, ne finit-on pas par manquer de respect au terrain ? Dans le football moderne, la carte d’identité n’inscrit pas les passes réussies, les kilomètres parcourus ou les duels gagnés. Le terrain, lui, est un juge impitoyable : il ne connaît ni ancienneté, ni galons, ni souvenirs glorieux.
Manifestement, Pape Thiaw a voulu faire confiance à ses hommes d’expérience. Noble intention. Mais pendant ce temps, Didier Deschamps lisait le match comme un roman policier, quand notre banc semblait encore bloqué à la préface. Les changements sont arrivés avec la ponctualité d’un train en grève : beaucoup trop tard.
Tout le monde savait qu’Idrissa Gana Guèye et Kalidou Koulibaly manquaient de rythme après une longue période sans compétition. Pourtant, ils ont été invités à prolonger leur séjour sur la pelouse jusqu’à ce que l’édifice tactique de la première période commence à ressembler à une case après l’hivernage. Il a fait du Aliou Cissé !
Et puis il y a Ibrahima Mbaye. L’éternel « super sub ». Une étrange promotion qui consiste à être excellent sans jamais obtenir le poste. À chaque entrée, il dynamite les défenses, crée le danger, marque ou fait marquer. À ce rythme, il finira peut-être titulaire… à la retraite.
Pendant que l’Espagne confiait des responsabilités à un adolescent nommé Lamine Yamal, le Sénégal regardait ses jeunes talents depuis le banc. Pourtant, Assane Dia, Bara Sapoko Ndiaye et d’autres n’attendent qu’une chose : qu’on leur ouvre la porte au lieu de leur montrer la poignée.
Le football n’est pas une maison de retraite pour cadres méritants. C’est une compétition où seuls les plus en forme doivent jouer. Les sentiments font de belles chansons. Les trophées, eux, préfèrent la lucidité.



