La capitale sénégalaise a accueilli, ce mercredi 6 mai 2026, la première édition du Salon Wulindi, « édition Graine ». Présenté comme un cercle de réflexion historique, cet événement a pour but de contribuer à la reconstruction des fondations de la société africaine. Initiée par Nga Rama Sagna, connue sous le nom de Mame Mindiss, et co‐animée avec le président Ahmeth Diouf, avocat général à la Cour suprême du Sénégal et auteur, cette rencontre a réuni une vingtaine de personnalités choisies face à l’océan. Ces leaders, penseurs et bâtisseurs ont engagé une conversation autour du patrimoine ancestral africain, dans le but de répondre à ce qu’ils qualifient d’«urgence réelle».
Le Salon Wulindi se veut ainsi «un espace de fouilles», un cadre d’échanges où les participants explorent les héritages culturels et spirituels africains pour en extraire des repères contemporains. Cette première édition marque le lancement d’une dynamique collective appelée à s’inscrire dans la durée.
Au cœur des discussions, la place de la femme dans la société africaine a été largement mise en évidence. Les initiateurs ont rappelé le sens profond de l’expression wolof « Tabaxaat Néeg Bi », qui signifie « reconstruire la chambre », en référence au « Néegu Nday », la chambre de la mère, considérée comme le centre de toute existence humaine et le socle originel de la société.
Selon eux, « tant que la femme n’a pas retrouvé sa juste place, sa souveraineté, sa paix intérieure et son autorité naturelle, aucune société ne peut durablement s’élever ». Cette réflexion s’appuie notamment sur des données préoccupantes. D’après l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), « 70 % des femmes mariées au Sénégal ont été exposées à une forme de violence domestique en 2026 »
Par ailleurs, les intervenants ont souligné le paradoxe du rôle des femmes dans la production alimentaire en Afrique, bien qu’elles assurent environ « 80 % de cette production », elles ne détiennent que « 11 % des terres ».
Pour les organisateurs, ces déséquilibres traduisent une crise plus profonde, celle de sociétés « qui avancent sans fondations », marquées par des trajectoires individuelles et collectives déconnectées de leurs repères essentiels.
Le Salon Wulindi s’inscrit dans la continuité de l’ouvrage WULINDI, La Mémoire qui se réveille Tome I, coécrit par Nga Rama Sagna et Karamogo Loula (Loula Youssouph Soumaré). À travers ce livre, les auteurs entendent « réveiller les lois vivantes » que l’école, l’entreprise et certaines institutions auraient reléguées au second plan, et qui sont pourtant essentielles au développement harmonieux de l’individu, de la famille et de la nation.
Premier événement du courant Wulindi, le Salon Wulindi est un cercle annuel de réflexion, de transmission et d’action. Chaque édition réunit des personnalités choisies autour d’un thème fondateur, dans un lieu symbolique. L’Édition Graine de 2026 est la naissance d’une Forêt.
