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Sénégal, entre crise de l’endettement, défi de souveraineté et appel à l’unité nationale



  • Sénégal, entre crise de l’endettement, défi de souveraineté et appel à l’unité nationale.

Le mardi 24 février 2026, sous la conduite du Premier Ministre Ousmane SONKO, le

Gouvernement a répondu aux questions d’actualité des députés à l’Assemblée nationale. Cet exercice participe à renforcer la vitalité de notre démocratie. je félicite spécifiquement le Premier Ministre qui, en plus d’engager son gouvernement à se conformer à cette exigence, est resté fidèle à ses convictions et a tenu un langage de vérité face à la représentation nationale et au peuple sénégalais. Plusieurs questions ont été abordées lors de la séance. Je voudrais m’arrêter sur la question de la dette qui reste un véritable sujet d’inquiétude. Nous ne le dirons jamais assez. En avril 2024, le Gouvernement a hérité d’une dette publique de près de 120% du produit intérieur brut (PIB), conséquence d’une gestion irresponsable et volontairement opaque de l’ancien régime. Les chiffres sont particulièrement épouvantables :

– un encours de la dette de 23 666 milliards de Francs CFA soit une augmentation de plus de 20 962 milliards de Francs CFA (775,2% en valeur relative) en douze (12) ans entre 2012 et 2024 ;

– un déficit budgétaire de près de 13,8% du PIB dépassant de 10,8 points le critère de convergence de l’UEMOA en matière d’endettement public ;

– un service de la dette de plus de 5 261 milliards de Francs CFA au titre de l’année 2026. Ayant explosé toutes les marges d’endettement raisonnable du pays, le régime précédent a fait le choix scandaleux de recourir à des prêts onéreux et à courte échéance tout en dissimulant une partie importante de cette dette (plus de 7000 milliards de Francs CFA de dette cachée). Ces deux dernières semaines, la presse a largement communiqué sur les 747 milliards de Francs CFA constituant les échéances à solder en mars 2026 dont 221 milliards de Francs CFA liés à l’eurobond émis par le Sénégal en 2018. En réalité, le service de la dette au 1er trimestre 2026 est globalement de 1 938 milliards de Francs CFA. Ces chiffres, qui donnent le vertige, montrent l’ampleur des dégâts que le Premier Ministre Ousmane SONKO et son gouvernement ont hérités et qu’ils doivent prendre en charge. C’est ce qui explique d’une part l’adoption du Plan de redressement économique et social (PRES) dont la finalité est d’asseoir une souveraineté financière notamment en élargissant nos capacités internes de mobilisation de financements et, d’autre part, la mise en œuvre de mécanismes de gestion active de la dette publique. Cette gestion implique entre autres un refinancement de la dette, un allongement de sa maturité et un recours à des institutions de garantie afin de dégager des marges budgétaires permettant de maintenir un niveau d’investissement soutenu. Le Ministre des Finances et du Budget Cheikh DIBA a assuré que le Sénégal tiendra ses engagements auprès de ses créanciers. Il a aussi rappelé que l’Etat refuse toute forme de restructuration de sa dette et qu’il a pu dégager plus de 500 milliards de Francs CFA de marge budgétaire en agissant sur les échéances de l’année 2025. Il est donc important que nous puissions comprendre les enjeux de l’heure. Aujourd’hui, le peuple sénégalais doit faire bloc autour du Gouvernement pour l’aider à sortir de cette phase critique. Cela passe inévitablement par la mise en veille de certaines revendications sociales. Comment peut-on demander à un patient chez qui une anémie sévère est diagnostiquée, de faire des dons de sang ? Je ne cherche pas à caricaturer. Je veux simplement inviter mes concitoyens (étudiants, enseignants, tous fonctionnaires, acteurs économiques…) à prendre la mesure de la situation extrêmement difficile dans laquelle se trouve notre pays. Il est certes légitime de vouloir de meilleures conditions d’étude, de travail ou d’existence, mais faudrait-il que l’Etat ait les moyens de répondre à nos prétentions quelle que soit leur pertinence. Il est clair que le pays a été piégé par un système et des acteurs politiques peu soucieux des aspirations de sa population à parvenir au développement économique et social. Dans le même sillage, nous sommes amenés à nous interroger sur l’attitude du Fonds Monétaire International (FMI) qui semble refuser que le Sénégal soit un cas d’école pour tous les pays en Afrique et au-delà qui aspirent à être souverains. Le Président Ousmane SONKO l’a réitéré. En plébiscitant le Projet PASTEF, socle de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, le pays s’est engagé dans une révolution dont la finalité est de parvenir à la souveraineté dans tous les domaines (économique, financier, alimentaire, industriel …). Nous devons faire nation. Et, dans une posture patriotique, nous sommes appelés à serrer les coudes, à participer à l’effort de mobilisation de financements endogènes et à travailler résolument à la construction d’un Sénégal souverain, juste et prospère.

« Na ňépp djël pelle ! »

# Projet PASTEF

# PROS, le Gardien de la Révolution !

Jean Pierre COLY

Administrateur civil,

Membre du MONCAP

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